Le mendiant
Le mendiant
Le mendiant au crépuscule
Se met à croire et à
prier
Il remonte une pendule
Mâche sa chique,
exalté.
Le mendiant seul et
brisé
Attend son heure
patiemment.
Il mendie l’humanité
Bien que surgissent
les tourments.
Comme les paroles
souvent sont dures,
Le mendiant fait
abstraction.
Il baptise le félon
Et immunise la piqûre.
Dans cette fratrie éventée
Mêlant l’envie et le
désastre,
Dieu que l’amour est
opiniâtre
Dans ce néant apprivoisé.
La peste et la sépulture,
Comme un sursaut de
tourment,
Immonde champ de
pourriture,
Affaiblissent l’Homme
et le mendiant.
Comme la loi du
Talion
Qui décapite jusqu’aux
poux
Et comme un dédaigneux
dégoût,
Raisonne l’âme des
violons.
Le mendiant tire
leurs masques,
Vaste illusion de
chapelet
Et quand arrive la
bourrasque,
L’homme n’est plus
qu’un étranger.
Le mendiant de vérité
Le mendiant de pureté
Le mendiant de réalité
Est la dernière humanité…

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