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Les yeux qui parlent



Les yeux qui parlent


 

Elle entre en scène un peu inquiète,

Hésite avant de s’exprimer.

Un homme vers elle s’est retourné,

L’heure est venue, elle se sent prête.

Elle commence donc son affaire,

En gesticulant tant qu’elle peut.

L’homme, le regard désert

Comprend les gestes peu à peu.

 

Il se sent soudainement bête

Mais suit les mouvements sans un mot.

La femme mime un oiseau

Et gesticule à tue-tête.

L’homme soudain très amusé,

Se met à rire de bonheur.

La femme, quelque peu vexée

Hérite d’un pincement au cœur.

 

Elle se met à lui écrire

Sur un petit carnet de soie

Et étouffé par ses rires

Notre homme se retrouve sans voix.

Il comprend vite que cette femme

N’a en vérité pas le choix.

Au regret de s’être moqué comme cela

Il voit dans cette offense un drame.

 

La femme explique que ce n’est rien,

Qu’elle souhaite prendre le train

Et que si l’homme le veut bien

Elle prendra un billet pour demain.

L’homme fait alors en sorte de l’aider,

Qu’elle n’ait pas à gesticuler.

Il lui prépare donc des questions

Et par « oui » ou « non » la dame répond.

 

Pour finir , l’homme lui offre le billet,

Lui demandant de l’excuser

Et l’a trouvant à son goût,

Il lui propose un dîner.

La femme écrit sur un papier,

                              Explique que pendant le repas,                             

Bavarde elle ne le sera pas

Mais qu‘après elle pourra s‘exprimer.

 

L’homme ne sait pas quoi penser

Et se contente de sourire

Et comme pour éviter le pire,

Il lui avoue beaucoup l‘aimer.

La femme déchire alors une page

Et note au mieux son numéro.

L’homme trouvant le geste beau

Prend le papier comme un présage.

 

La femme explique , bien que muette,

Qu’elle a un téléphone sans fil,

Qu’elle peut passer des coups de fil,

À l’aide bien sûr d’une interprète.

L’homme est très vite captivé

Par cette femme merveilleuse

Et aussi ravi qu’amusé,

Il espère la rendre heureuse. 

 

C’est souvent sans l’avoir prévu

Que le bonheur se dévoile

Et même si tout commence mal,

Ce n’est pas forcément perdu.

Que les muets ,  aveugles ou sourds

Soient heureux dans leur différence

Et que jamais on ne nuance

                                      Les différences dans l’amour.


Article ajouté le 2007-10-08 , consulté 124 fois

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