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Testament de pensées



Testament de pensées




De la mer envoûtante qui longe mon vaisseau,

Je garde dans le cœur un sourire d'été

Et que toute la nuit s'indignent les oiseaux

Qui jugent bien trop tôt leurs proies inanimées.


 

De la terre si pure mais noyée par l'orgueil,

Je prends un peu d'amour afin de respirer

Et que personne n'ose m'empêcher de rêver

Dans un monde orphelin où l'homme fait son deuil.

 

De l'éclair innocent et brisé par la foudre,

Je garde l'émotion d'un silence rompu

Et que par-dessus tout s'expriment les vaincus,

Qui d'un seul baiser ont bien dû en découdre.

 

De la misère des autres qui ne veulent rien savoir

Bien trop préoccupés à penser à leur âme,

Je garde comme espoir que le temps les condamne,

D'ignorer les valeurs autres que le désespoir.

 

Du défi tolérable d'un rival conquérant

Je garde la beauté et l'élégante tâche

De n'avoir qu'un corps extrêmement lâche,

Pourvu de la vengeance envers cet amant.

 

De la nuit silencieuse qui me plonge dans l'oubli,

Je garde les idées et cette inspiration

Et que toute l'année s'enchaînent les saisons,

Pour laisser place un jour à un ciel éclairci.

 

De la vie excitante qui brûle dans mon cœur,

Je garde les souvenirs heureux de mon enfance

Et qu'à nouveau je jouisse de plaisirs immenses,

De me remémorer ainsi tant de bonheur.


De l'esprit gémissant au fond de tous les Hommes,

Je garde le meilleur du monde des Lumières

Et que comme soumise aux idées éphémères,  

                  Je boive tes paroles comme on boit du sérum.                                              

 

De la pluie frémissante au regard bleuté,

Je garde la fraîcheur qui me pousse à pleurer

Et que chaque goutte me laisse apprivoiser,

La douce mélancolie des erreurs du passé.

 

De tes cris incessants qui raisonnent dans ma tête,

Je garde le désir d'arrêter cette souffrance

Et que malgré la peine, ton visage reflète

Le meilleur de ma vie et un plaisir intense.

 

De l'absence invivable de la perte d'une sœur,

Je garde l'infini qui nous rend si fragile

Et que mon inconscience qui se joue du péril

Ne dilapide pas totalement mon humeur.

 

De la confiance naïve que l'on a à seize ans,

Je garde l'expérience pour ne plus me tromper

Et que les faux semblants ne croient pas me duper,

Car l'amour le plus pur est celui d'un enfant.

 

D'un calvaire surmonté avec l'aide de Satan,

Je garde le goût amer d'un esprit corrompu

Et en vendant mon âme j'ai sans doute survécu

Mais au plus haut des cieux je sais ce qui m'attend.

 

Enfin de l'enfer d'être si émotive,

Je garde dans l'idée que le monde est malsain

Et que les sensations que les Hommes cultivent

Sont les preuves formelles qu'ils n'y changeront jamais rien.



Article ajouté le 2007-10-08 , consulté 123 fois

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