La mer
La mer
Quand la mer s'élance et danse sur les flots
Que l'on frôle de peu l'accalmie apaisante
Et que tous les marins, bercés par l'attente
Bâtissent l'océan sur l'âme des bateaux.
Quand les vagues emportent avec elles les sourires
Des surfeurs conquis par tant de volupté
Et que l'eau se transforme en bonheur d'été,
La vie n'est plus qu'un rêve qui brûle les soupirs.
Ô toi, mer de tous, furtive et attirante,
Je te vis si violente toi qui souvent me calme
Et comme un grand auteur que le jury acclame,
J'ai croisé ton regard qui, seul, me désoriente.
Dans mes mains ton visage étrange et habité
Me retourne le cœur comme un mal de mer
Et plus puissant encore qu'une morsure de vipère,
Mon sang se fluidifie devant tant de beauté.
Ô toi, mer de tous, porteuse d'éternel,
Tu remplis mon esprit d'un horizon unique
Et quand l'écume, enfin, se montre excentrique,
Les navires imprudents, prêts à tout, se rebellent.
Le marin prétentieux de maîtriser la mer,
Réalise alors quelle fut son erreur
Et comme toute règle dont l'Homme est l'auteur,
Le contrôle du monde lui laisse un goût amer.
Quand la mer menace et cède à la colère,
Il n'est jamais prudent de vouloir l'apaiser
Car tous les mots du monde ne pourront rien y faire,
Quand l'océan s'emporte, mieux vaut le déserter.
Ô toi, mer de tous, qui bouleverse et émeut,
De la Corse à Beijing, tu observes sans un mot,
Mais ce silence cache un astre généreux
Qui, en tendant l'oreille, appelle aux sanglots.
Des larmes à l'émotion plus pure qu'un enfant,
Syndrome de Stendhal, jouissance extatique,
En observant la mer, quoi de plus romantique
Qu'un regard perdu au fond de l'océan.

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